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Emploi #retraite#réforme retraite#âge départ retraite

Age de départ à la retraite en 2026 : réforme, trimestres et cas particuliers

6 avril 2026
8 min de lecture
Par CalculMalin

La réforme des retraites de 2023 a profondément reconfiguré les règles de départ pour des millions de salariés. En 2026, les premières générations pleinement soumises au nouvel âge légal de 64 ans arrivent à maturité. Ce guide complet vous explique les règles en vigueur, génération par génération, et vous présente les dispositifs permettant de partir plus tôt.

La réforme de 2023 : ce qui a changé

La loi du 14 avril 2023 a relevé progressivement l’âge légal de départ de 62 à 64 ans. Ce relèvement s’est effectué par paliers de 3 mois par génération, à raison d’une génération par an.

Le calendrier de montée en charge

GénérationAnnée de naissanceÂge légal de départ
1961Né(e) en 196162 ans et 3 mois
1962Né(e) en 196262 ans et 6 mois
1963Né(e) en 196362 ans et 9 mois
1964Né(e) en 196463 ans
1965Né(e) en 196563 ans et 3 mois
1966Né(e) en 196663 ans et 6 mois
1967Né(e) en 196763 ans et 9 mois
1968 et aprèsNé(e) à partir de 196864 ans

En 2026, les assurés nés en 1962 atteignent leur âge légal à 62 ans et 6 mois, tandis que les personnes nées à partir de 1968 devront impérativement attendre 64 ans pour liquider leur pension, sauf cas particuliers.

Le nombre de trimestres requis par génération

L’âge légal ne suffit pas pour partir à taux plein. Il faut également avoir validé un certain nombre de trimestres de cotisation. Ce nombre a lui aussi été réévalué à la hausse par la réforme.

Tableau des trimestres requis pour une retraite à taux plein

GénérationTrimestres requisDurée en années
Né(e) avant 1958166 trimestres41 ans et 6 mois
1958 - 1960167 trimestres41 ans et 9 mois
1961 - 1963168 trimestres42 ans
1964 - 1966169 trimestres42 ans et 3 mois
1967170 trimestres42 ans et 6 mois
1968 et après172 trimestres43 ans

A noter : si vous atteignez l’âge d’annulation de la décote (67 ans), vous obtenez automatiquement le taux plein quelle que soit votre durée d’assurance. C’est le filet de sécurité pour les carrières incomplètes.

Carrière longue : un dispositif maintenu et élargi

Le dispositif de carrière longue (RACL) permet de partir avant l’âge légal sous conditions de cotisation précoce. La réforme l’a maintenu et légèrement aménagé.

Conditions d’accès

Pour bénéficier du départ anticipé carrière longue, il faut avoir commencé à travailler tôt et réuni un nombre de trimestres supérieur à la durée normale :

  • Départ à 58 ans : avoir commencé à travailler avant 16 ans et avoir cotisé 5 trimestres avant la fin de l’année des 16 ans
  • Départ à 60 ans : avoir commencé avant 18 ans et avoir cotisé 5 trimestres avant la fin de l’année des 18 ans
  • Départ à 62 ans : avoir commencé avant 20 ans et avoir cotisé 5 trimestres avant la fin de l’année des 20 ans
  • Départ à 63 ans : avoir commencé avant 21 ans avec conditions de durée adaptées

Dans tous les cas, il faut avoir cotisé au minimum la durée requise majorée de 4 à 8 trimestres supplémentaires selon l’âge de départ souhaité.

Ce qui compte comme trimestre pour la carrière longue

Seuls certains trimestres entrent dans le calcul de la condition de carrière longue : les trimestres cotisés, la maternité, le chômage (dans la limite de 4 trimestres), la maladie et les accidents du travail. Les trimestres de majoration (enfants, aide à domicile…) n’y sont pas comptabilisés.

Les départs anticipés pour situations particulières

Plusieurs dispositifs permettent de partir avant l’âge légal sans condition de durée de cotisation renforcée.

Handicap

Les assurés reconnus handicapés à un taux d’au moins 50 % peuvent partir dès 55 ans à condition d’avoir cotisé un certain nombre de trimestres en état d’invalidité. Le montant de la pension est calculé au taux plein sans décote.

Inaptitude au travail

Un assuré reconnu inapte peut partir dès 62 ans (âge légal antérieur à la réforme) et bénéficier automatiquement du taux plein. L’inaptitude est reconnue par le médecin-conseil de la caisse de retraite.

Pénibilité et compte professionnel de prévention (C2P)

Le compte professionnel de prévention permet aux salariés exposés à certains facteurs de risques professionnels d’accumuler des points. Ces points peuvent être utilisés pour partir jusqu’à 2 ans avant l’âge légal, soit dès 62 ans pour les générations nées à partir de 1968.

Les facteurs de risques pris en compte sont : le travail de nuit, le travail en équipes successives alternantes, le travail répétitif, et les environnements hyperbariques (travail sous pression).

Amiante et fonds spécifique

Les travailleurs ayant été exposés à l’amiante bénéficient d’une allocation de cessation anticipée d’activité (ACAATA) dès 50 ou 55 ans selon les secteurs. Ce dispositif est géré par le fonds de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante (FCAATA).

Décote et surcote : l’impact financier du moment de départ

La décote

Si vous partez avant d’avoir atteint le taux plein (trimestres insuffisants et âge inférieur à 67 ans), une décote est appliquée sur votre pension. Elle est de 1,25 % par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres. Au-delà de 20 trimestres manquants, la décote est plafonnée à 25 %.

La surcote

A l’inverse, chaque trimestre cotisé au-delà de la durée requise après l’âge légal ouvre droit à une surcote de 1,25 % par trimestre supplémentaire. Ce mécanisme peut représenter un gain significatif pour ceux qui ont les moyens de prolonger leur activité.

Exemple : un assuré né en 1964 qui part à 65 ans au lieu de 63 ans avec 172 trimestres cotisés (pour 169 requis) bénéficiera d’une surcote de 3 x 1,25 % = 3,75 % sur sa pension de base.

Le minimum contributif

Les assurés qui ont cotisé tout au long de leur carrière sur de faibles salaires bénéficient d’une garantie de minimum de pension : le minimum contributif (MICO). En 2026, il s’élève à environ 876 euros bruts par mois pour une carrière complète au SMIC.

La réforme de 2023 a relevé le minimum contributif pour porter la retraite des personnes ayant eu une carrière complète au SMIC à environ 1 200 euros bruts. Cette revalorisation s’applique aux pensions liquidées à partir du 1er septembre 2023.

Comment calculer votre âge de départ optimal

Le calcul du bon moment pour partir à la retraite dépend de nombreux paramètres : votre génération, votre nombre de trimestres validés, vos revenus de carrière, vos projets personnels, et votre état de santé. Un simulateur vous permet d’objectiver ces éléments en quelques minutes.

Utilisez notre simulateur de retraite pour connaître votre âge de départ légal, estimer votre nombre de trimestres, et visualiser l’impact financier d’un départ anticipé ou différé.

Les erreurs fréquentes à éviter

Ne pas vérifier son relevé de carrière

Votre relevé de carrière sur le site de l’Assurance Retraite peut comporter des erreurs ou des trimestres manquants. Il est fortement conseillé de le consulter régulièrement et de signaler toute anomalie, car certaines corrections peuvent prendre plusieurs mois.

Confondre âge légal et âge du taux plein automatique

L’âge légal (64 ans en 2026 pour les générations 1968+) est l’âge minimal de départ. L’âge du taux plein automatique est fixé à 67 ans. Entre les deux, votre pension peut être amputée d’une décote si vous n’avez pas le nombre de trimestres requis.

Négliger les régimes complémentaires

Les régimes Agirc-Arrco appliquent leurs propres règles de calcul. Un départ anticipé peut entraîner un abattement sur la retraite complémentaire pendant 3 ans. Ce point mérite une attention particulière dans votre stratégie de départ.

Pour aller plus loin

La réforme de 2023 a complexifié un système déjà dense. Pour les situations les plus spécifiques (carrières à l’étranger, poly-pensionnés, travailleurs indépendants, fonctionnaires), un rendez-vous conseil retraite auprès de votre caisse est vivement recommandé.

En complément de votre simulation retraite, vous pouvez également estimer vos droits au simulateur d’allocations chômage ARE si vous envisagez une transition avant votre départ, ou vérifier votre éligibilité à la prime d’activité si vous continuez à travailler à temps partiel en fin de carrière.

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